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Le disco !
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Le disco
Pour mieux appréhender les nombreuses
musiques actuelles regroupées sous le
terme général de Techno, il nous faut
faire un aparté sur l'ascension de la
musique électronique au cours des
dernières décennies.
Les maîtres de la musique concrète de
l'aprés-guerre explorent la synthèse
sonore et les lois de
l'electro-acoustique dans une optique
plus scientifique que populaire. Les
travaux expérimentaux de John Cage et la
musique répétitive de Philip Glass
prendront part à cette douce alchimie.
Puis à l'aube des années 70, le rock
psychédélique donne naissance à une
vague de groupes essentiellement
allemands tels que Kraftwerk, Can ou
Tangerine Dream qui populariseront la
notion de musique planante, industrielle
et synthétique. Sans oublier, les
expérimentations Ambient de
personnalités comme Brian Eno ou Robert
Fripp. Ces origines théoriques étant
posées, décrivons désormais les
musiques de danses et de clubs, dont la
Techno en est aujourd'hui une des
composantes.
Au début des années 70, deux labels
majeurs se partagent une musique noire
américaine orientée Soul.
Le premier provenant du sud du pays, Stax
Records, établie à Memphis avec des
artistes comme Wilson Pickett et Otis
Redding.
Le deuxième au nord à Détroit, la
Tamla Motown avec des artistes comme
Smokey Robinson, Stevie Wonder et Marvin
Gaye. Une nouvelle venue dans ce décor
sera la Philadelpia International Records
basée évidemment à Philadelphie, qui
ajoutera de riches arrangements
mélodiques et ce sera le départ du
Philly Sound ouvrant le public blanc vers
une musique de Clubs.
Mais, c'est à Münich, en 1976, que le
disco naît réellement par
l'intermédiaire de Giorgio Moroder,
producteur des premiers disques de Donna
Summer. En raison de la prolifération
des boîtes de nuit en Europe, ce nouveau
courant a pu s'imposer en masse. Ainsi,
les disques proposés par Giorgio Moroder
sont un savant mélange de voix souls et
d'instruments électroniques. Cette même
année annonce l'arrivée d'artistes tel
que Cerrone avec son album "Love in
C Minor".
L'année suivante, verra le déferlement
disco par le biais des Bee Gees et de la
bande originale du film "Saturday
Night Fever", avec le célèbre John
Travolta. Cette année 1977 sera riche en
événement où le Rock sera bousculé
par le Punk et la Soul par le Disco. Ce
sera également l'avènement de Boney M,
Village People, Santa Esmeralda ou notre
Patrick Juvet national. Les deux années
suivantes, 78 et 79, seront une période
prolifique en hits Disco qui marqueront
à jamais l'ère de la musique de Club et
des pistes de danses des deux côtés de
l'Atlantique. Une musique simple
destinée à l'amusement et à la fête
avec son lot d'allusions sexuelles, de
paillettes et de sueurs. Le relais sera
donné à une nouvelle forme musicale
Dance, plus aboutie et plus agressive : .
Discographie soul sélective
Wilson Pickett "Midnight Hour".
Isaac Hayes "Hot Buttered
Soul".
James Brown "Live at the
Apollo".
Sly and the Family Stone "There's a
Riot Going On".
Marvin Gaye "What's Going On",
"Troubled Man".
Stevie Wonder "Music of my
Mind", "Talking Book".
Otis Redding "The Dock of the
Bay".
Discographie disco sélective
Bee Gees, Bande Originale du film
"Saturday Night Fever".
Donna Summer "Love in C Minor".
Boney M "Daddy cool".
Patrick Hernandez "Born to be
alive".
Michael Zaeger Band "Let's all
chant".
Le rythme disco
par Tommy Nobyn
Acid House, Ambient House, Balearic Beat,
Bleep Music, Deep house, Garage, Handbag,
Hardcore, Jungle, Trance.... se sont
autant de styles et de rythmes qui, au
cours des dix dernières années, ont
donné naissance à une nouvelle forme de
dance music : la Techno. Née de la
technique des samplers, des
échantillonneurs et des séquenceurs, la
Techno confirme bien que nous sommmes
entrés dans l'ère de l'informatique
musicale.
Tout a commmencé il y a vingt ans
déjà, lorsque Giorgio Moroder,
passionné d'électronique, fait naître
la musique disco, en mariant des
arrangements électroniques avec des voix
soul, parfois même gospel. Celle-ci
devient alors une musique expérimentale.
A cette époque-là, le bon vieux et
sincère rock'n'roll n'alimentait plus le
rêve américain et les danseurs
restaient à l'affût de nouveaux rythmes
et de nouveaux sons. La libération du
corps amorcée par les déhanchements
d'Elvis Presley était devenue une
nécessité sociale à laquelle personne
ne voulait renoncer. Il fallait
réinventer un nouveau style ou repartir
à zéro. Ce degré zéro, ou second
degré, sera incarné par la disco avec
son rythme binaire, la cadence étant
menée par la grosse caisse qui marque
tous les temps. Tout le monde se souvient
des premiers disques de Donna Summer, du
trio féminin allemand Silver Convention
et de l'immense succès en France de
Jean-Marc Cerrone. Le succès de la
musique disco, on s'en doute, n'est pas
dû qu'à son rythme régulier et
martelé. Se sont aussi les arrangements
qui l'accompagnent, violons et piccolos
joués dans l'aigu, nappes de synthés,
sons électroniques, ainsi que d'autres
styles de musique qui, en se greffant sur
ce beat de grosse caisse, vont rendre le
disco populaire à travers le monde. Pour
certains d'entre-vous, nostalgiques des
années soixante dix, la musique disco
fait partie des souvenirs et pour les
autres branchés de la techno, elle
semble appartenir à la préhistoire.
Cependant, lorsque l'on analyse les
composantes rythmiques de la dance music,
l'on peut mieux se rendre compte du lien
qui existe entre ces deux époques.
En décortiquant les rythmes de la
musique disco, tels qu'ils sont
représentés dans le tableau de
configuration rythmique (voir magazine),
l'on constate que la pulsation de base
est soutenue par la grosse caisse qui
marque régulièrement à la noire tous
les temps forts de chaque mesure. Cette
même pulsation est d'abord renforcée
par la basse qui complète les temps
forts et les temps faibles avec des
croches et ensuite, par le charleston
joué en double croche. De nombreux
breaks placés sur les différents
éléments de la batterie permettent
d'annoncer l'arrivée des autres
instruments et apportent des variantes à
la section rythmique. La structure
harmonique est basée sur des
enchaînements d'accords de septième
joués au synthétiseur, imitant les
violons, souvent dans un registre très
aigu. Le disco gère la même
contradiction que la techno, celle de
faire danser la planète entière à
partir d'un rythme élémentaire, voire
pauvre. Si l'on analyse ce phénomène de
plus près et si l'on veut bien admettre
que nous vivons une époque qui est celle
de la perte du sens du rythme, on se rend
compte que cette contradiction n'en est
pas vraiment une. Cette perte du sens du
rythme touche aussi bien le langage,
auquel les rappeurs essaient de donner
une nouvelle impulsion, que la poésie
contemporaine avec la perte du sens de la
rime. Pour se retrouver et avancer, il
faut donc revenir à une notion de rythme
élémentaire, celle de la marche. C'est
ce rythme du marcheur que la musique
disco fait retentir en chacun de nous.
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